Monumenta 2012- Daniel Buren au Grand Palais
Vernissage au Grand Palais hier soir, mercredi 9 mai: Daniel Buren est l'invité de Monumenta 2012. Une multitude de cercles ( 380) colorés et transparents envahissent toute la surface au sol du Grand Palais, soutenus par une forêt de poteaux noir et blanc, le sigle de Daniel Buren. C'est extrêmement graphique au niveau de la composition mais le "choc" est moins au rendez-vous que pour ses prédécesseurs Anish Kapoor, Richard Serra ou Anselm Kielfer. Plus intello', l'oeuvre joue peu sur l'émotion mais plus sur le visuel, les vides, les pleins ou plutôt les applats. La verticalité est ici remise en question: Buren occupe ( tout) le terrain, de façon systématique, tandis qu'il destabilise le visiteur par la démultiplication de ses éléments et de leurs reflets plastifiés. Se confrontant à l'architecture unique du Grand Palais, cette étrange architecture dans l'architecture provoque celle qu'elle encercle, celle qui l'accueille. Elle coupe l'impressionnant volume sous la verrière par un bas plafond tout en rondeurs et couleurs, et qui joue par ailleurs magnifiquement avec la lumière. J'ai aimé toutes ces couleurs avec une impression de vertige due à la répétition, un sentiment aussi de fraicheur et d'épure "Le beau est toujours bizarre" écrivait Baudelaire. François Hollande était lui aussi venu inaugurer Monumenta. C'est la première fois que je serre aussi simplement la main d'un Président de la République...Back from Milano Salone 2012, suite et fin
J'aurais préféré remplir mon blog au jour le jour à Milan mais faute de wifi ... le compte-rendu se fait en différé. Il faut aussi un peu de temps pour décanter et faire le tri de toutes ces images (cf les deux premiers volets ont été mis en ligne lundi 23 avril)
Matières à réflexions
Cette année à Milan, la matière prévaut et se remarque et ( la crise aidant) la tendance "color block" s'impose.
Au coeur de Brera, Hermès a dévoilé son Module H signé Shigeru Ban. Géométrie au cordeau et branding métallique, l'architecte japonais décline à l'infini de fines cloisons perforées de H, pour une présentation impeccable et "molto raffinata" de panneaux textiles et de cuirs...Turkish Stone a convié dans les jardins du Superstudio Più les designers internationaux Richard Hutten, Alfredo Haberli, Ultimo Grito, Verner Aisslinger, Ayse Birsel ou James Irvine, à jouer avec le marbre sous toutes ses formes et textures.
Corian a choisi cette année de faire plancher la jeune garde dont les talentueux français Benjamin Graindorge et Iona Vautrin pour Moustache. Marbre aussi chez Cerrutti Baleri mais faux cette fois-ci: les sièges en tissus veinés signés Maurizio Galante font vraiment illusion, tandis qu'ils transportent le design au théâtre. Plus sobres et monochromes, les vasques sensuelles des polonais Marmorin.
La marque iconique de tissus Kvadrat a installé sa nouvelle collection "Hallingdal 65" chez Jill Sander, piazza Castello: une véritable explosion de formes textiles et d'humour tutti frutti .
Chez Magis l'audace est toujours de mise pour l'exploration du plastique mais pas seulement, la fameuse marque italienne ne recule devant aucune autre matière pour inventer des meubles easy et sympathiques. Grâce à Philippe Starck, Patricia Urquiola , Eugeni Quitllet ou Rodolfo Dordoni, Kartell amène aussi cette année son lot d'innovations plastique, accessibles et toujours très séduisantes.
Le verre se colore et revient sous forme de petits guéridons : baroque et signé Borek sipek chez Sawaya et Moroni, plus épuré et fifties chez Classicon. Petites tables basses intéressantes chez Moroso et Diesel. Chez Baccarat le cristal revu par Urquiola est acidulé. Audacieux mais on hésite entre le sublime ou la verrerie de "ma concierge".
Tom Dixon ou Richard Hutten grillagent en finesse leurs suspensions. Vertige de miroirs lumineux chez les Japonais Lumiotec. Ingo Maurer, toujours aussi virtuose, habille de Led les murs.
Sit down
Le comble pour tout visiteur à Milan, c' est de sillonner sans fin le salon et le off pour admirer les sièges les plus sophistiqués ou les plus confortables, sans vraiment prendre le temps de s'y affaler ... Chez Edra, en revanche, la tentation est trop forte: la "poltrona" ou le "divano" surdimensionné (en fourrure ou cuir plissé) signé Campana ou Binfare, sont irrésistibles ! D'une grande marque à l'autre, la surenchère est à son plus haut niveau, les prix aussi.
Quant aux sociétés plus petites, elles misent souvent sur la petite chaise "miraculeuse" et signée. A chacun la sienne, techno, écolo, à empiler, moulée, laquée, pliante, accessible... Inédite bien sûr et qui ne ressemble pas aux autres! Grands moments d'éclectisme. Le minimalisme pur et dur fraye avec le kitch absolu. Par moment c'est drôle, surtout si ce n'est pas pour mettre chez soi. On est tenté de se retrancher sur les grands et beaux classiques du design, comme chez Cassina ou Poltrona Frau, mis en scène magistralement cette année par Paola Navone, ou encore Azucena.
Des jolies surprises, au hasard du parcours du design, comme cette nouvelle marque italienne "Discipline" qui réunit non seulement une nouvelle génération de designers mais dont les choix de produits, de matières, de production, concentrent de nouvelles aspirations. Très cool le canapé rouge en cuir de Claesson Koivisio Rune.
Simple et beau
Au fil de mes promenades, deux expositions à Brera ont encore retenu mon attention. L'une au musée Minguzzi via Palermo et l'autre chez Paola C à coté de chez Boffi, via Solferino. Un point commun ? Du japon à l'Inde, la sensualité de la matière et du geste. L'épure et le silence formel font souvent la beauté et la modernité des objets à usage quotidien, un mariage réussi entre le talent d'un designer et de celui qui réalise ses objets.
Exposition Woodwork d'Aldo Cibicworkshop et Studio Mumbai pour Paola C
Chez Rossana Orlandi L'espace de Rossana Orlandi est désormais le nouveau rendez-vous de tous les jeunes designers ou marques émergentes du monde entier. De jolies découvertes et le décor de la boutique à l'étage est magnifique, tout comme le restaurant dans la cour a un charme fou.
Dans ce circuit plus insolite, figurent d'autres temples du design arty comme la galerie Nilufar qui présentait "Unlimited éditions", notamment les assiettes entaillées de Sam Baron, mais aussi l'exposition Multithread dans le Palais Garzanti (de Gio Ponti). Fruit d'une association entre artisanat et haute technologie, les structures numériques de Clemens Weisshaar et Reed Kram se confrontaient à d'anciens et somptueux tapis chinois. Chez Dilmos enfin ( et chez Molteni), Ron Gilad défiait le vide, le plein et les rapports d'échelle, avec de drôles de meubles qui réécrivent l'histoire d'Alice. Délicat mais un peu maniéré
La ville, la mode et les tomates séchées
Excelsior, un nouveau concept store se love dans une petite rue près du Duomo, il est signé Jean Nouvel. Colette continue de faire des émules. Une belle sélection et un décor impeccable, un peu froid... mais le supermarché gourmet en sous-sol manquait à Milan. Difficile d'échapper au regard des vendeurs zélés qui surveillent de près les voleurs d'images. Ruses. Idem au Corso Como, "pas de photos please". L'antre de Carla Sozzani demeure un lieu unique en son genre, un lieu avec une âme, la sienne, où l'on peut passer des heures, notamment dans la librairie. Via Manzoni, les vitrines et mises en scènes de Paul Smith valent toujours le détour, clin d'oeil rock et jolies associations de couleurs. Chez Dolce & Gabana, la bicyclette panthère repérée dans la vitrine de la boutique via della Spiga est l'un des must de ma ballade hors les murs...
Sans oublier ce petit marché ensoleillé, le long de la via Vitruvio, près de mon hôtel. Proche de l'indigestion de design, les étals de tomates séchées, de fromages, prosciuto ou verdure ouvrent de nouveaux appetits. BF
Back from Milano Salone 2012, suite et off
Chez les british Established & Sons, un show très graphique installé dans un loft ( zona Tortona) à la hauteur sous plafond impressionnante, et partagé avec Bisazza. La scénographie magnifiée par ses longs fils fluorescents a remporté la mise par rapport aux produits, mais le design des meubles, objets et luminaires reste néanmoins l'un des plus originaux du salon, le plus "jet set" aussi. Des frères Bouroullec, à Konstantin Grcic, Sebastian Wrong, Zaha Hadid, Front, BarberOsgerby, Raw Edges, Michael Young ou Jasper Morrison... ça vole toujours très haut.
Back from Milano Salone 2012
Milan, avril 2012, bain de foule et de design, sous des trombes d'eau. Le célèbre salon du meuble, foire et off compris, s'est transformé en kermesse tentaculaire ( impossible à toute embrasser), et où le business global semble avoir définitivement pris le dessus. As usual, beaucoup de choses, de lieux, d'expositions, de vernissages, de rencontres, de fêtes, ... jusqu'à l'overdose. Le Salone est ouvert à tous, visiteurs et pro du monde entier, mais tous en repartent désormais avec leur unique vision, au grès de parcours forcément différents pour chacun. Au final, peu de découvertes transcendantes mais la surprise et l'émotion sont encore au rendez-vous, fruits de projets souvent artistiques, oniriques ou expérimentaux. La tendance générale est en revanche au zapping d'images et de formes, et au remix des époques. Les copies de copies sont légions tandis que le produit écolo ou green, en bois ou pseudo feuillage, devient style pourvu qu'il en symbolise l'idée. Tout se mélange ici pour le meilleurs et pour le pire. La déco bling, show bizz ou vintage s' immisce de plus en plus dans le design et vice versa. L'univers prime (un peu trop) souvent sur le produit et le life style s'impose. Les majores du design italien multiplient les belles rétrospectives mais ce ne sont plus elles qui créent l'émotion, la tendance ou l'innovation. On leur doit toujours la haute facture et l'excellence du savoir-faire. Les maîtres du XXe siècle continuent de fasciner tandis qu'une nouvelle génération internationale de jeunes designers et petits éditeurs courageux émerge enfin, apportant dans cette gigantesque cacophonie de meubles et d'objets consommables, fraicheur, couleurs et nouvelles attitudes créatives. Milan, mecque du design, continue de rayonner et de distiller chaque année sa formidable énergie. Industrieuse et ultra sophistiquée, tout à la fois, la ville révèle à chaque fois des lieux sublimes, où rivalisent des mises en scènes et présentations uniques en leur genre, véritables reines de cette manifestation. BFNEOREAL in the Forest by Canon Inc.
L'un des clous du salon off et véritable respiration sur le thème de la forêt et des cascades, les installations ”Spring” et "Fall in pop" montrées au Superstudio Più Art point.
"Spring" de Ryuji Nakamura ( architecte) + Nobuhiro Shimura ( artiste video).
A travers cette immense cage ( forêt virtuelle) réalisée avec 25 kilomètres de fines cordes de pianoforte de 3 mm de diamètre ( 87000 noeuds, 253000 fils), la lumière se projetait de façon radiale générant en continu des images de plus en plus grandes. Passant successivement du bi-dimensionnel au tridimensionnel, elles créaient grâce aux nombreux reflets, des effets visuels exceptionnels.
"Fall in Pop" de Mintdesigns ( fashion designer) + Nobuhiro Shimura( artiste video)
J-6: MILANO SALONE DEL MOBILE 2012
Effervescence... Ma boite mail explose d'invitations pour le prochain Salon du meuble à Milan qui a lieu du 16 au 20 avril. Les expositions de design se multiplient dans la ville chaque année un peu plus, pour le meilleur comme pour le pire... Un beau parcours et de belles fêtes en perspective!
En avant-première, les Bouroullec chez Vitra et Established & Sons
Moroso qui fête ses 60ans
ou Edra ses 25 ans...
Décembre 2011, Paris, ma ville
Promenade dans la capitale un week-end d'hiver, juste avant Noël Des jardins du Palais Royal au parvis de Notre-Dame, de la place de la Concorde au jardin des Tuileries et arcades de la rue de Rivoli, soleil timide et froid saisissant. Les journées sont courtes et les lumières uniques. Reflex en main, capture rapide d'images, visages et mouvements. Paris, ma ville, inlassablement...
Exposition Dessine-moi le Japon - Paris Design Week
Quelques dessins en avant-première...
"Je ferme les yeux, essaie de trouver mon propre centre. Il est recouvert de ténèbres irrégulières, aux bords effilochés. Puis ces nuages sombres se déchirent, et les feuilles des cornouillers scintillent, telles des milliers de lames dans le clair de lune... "Haruki Murakami - extrait de "Kafka sur le rivage"
Imaginée dans le cadre de Paris Design Week, en parallèle de Maison et Objet, "Dessine-moi le Japon" n'est pas tout à fait une exposition comme les autres.
Elle donne à voir et à la fois elle a été conçue pour donner.
D'essence caritative, cette exposition vient rendre un bel hommage au Japon en démontrant combien ce pays est présent dans le cœur et l'esprit de tous les artistes du monde entier. En témoigne le foisonnement d'œuvres inédites qui lui est dédiée.
Le Japon est une source d'admiration et d'inspiration sans fin. Sa tradition artisanale de toute beauté et sa modernité épurée sont cultes. Tout y est évocation aux voyages intérieurs et imaginaires, au voyage tout court…
Comment rendre hommage au peuple japonais et lui exprimer un geste de soutien et d'amitié ? Un geste qui dans sa gravité soit aussi porteur d'une belle énergie.
Un geste qui soit autant un acte de fraternité qu'un message artistique. Un geste solennel mais aussi "kawai" pour dire: "On ne vous oublie pas et on vous aime".
L'idée germe à Paris, ville des lumières, en juin 2011. Elle peut éclore grâce à une centaine de créateurs de tous les pays du monde et de toutes les disciplines - mode, design, architecture, graphisme, art de vivre, qui se sont mobilisés pour les sinistrés de Fukushima. Tous ont accepté spontanément de réaliser en très peu de temps une œuvre sous forme de dessins ou photos, sur un format A3.
Un format imposé? Oui, parce que l'addition de toutes ces créations sur papier aux mêmes dimensions révèlent tout autant l'individu que le message collectif auquel il appartient. Certains ont transgressé un peu la règle mais cela partie du jeu. Ce qui se lit au final est un immense élan de générosité, un magnifique kaléidoscope d'attentions, de poésie et de créativité.
Lorsque l'idée devient projet et que le projet devient réalité, qu'il se finalise, il advient un moment de grâce et d'émotion: le miracle de la solidarité.
De ces conversations, de ces transmissions de pensées positives et de ces idées convergentes, on réalise combien l'union fait la force, mais surtout le pouvoir de l'art à fédérer. "L'art est le plus court chemin de l'homme à l'homme" écrivait André Malraux.
Rouge comme le symbole du pays du soleil levant. Rouge comme le trait de nombreux dessins ici exposés. Rouge comme la vie, en mémoire de celles emportées par la vague. Rouge comme l'espoir pour tous ceux qui ont survécu et doivent lutter pour survivre.
Après une envolée au Japon, les œuvres de cette exposition feront l'objet d'une vente aux enchères cet hiver à Paris au profit des sinistrés du Japon.
Merci infiniment à tous les créateurs (ils sont nombreux), à tous les talents confirmés ou naissants, pour leur contribution artistique et leur généreuse participation.
Brigitte Fitoussi
Septembre 2011
Muutologie by Brigitte Fitoussi • Designer's Days 2011 • Silvera Wagram
Vidéo
"Silvera et son invitée Brigitte Fitoussi" réalisée par l'agence 14 Septembre
Clicquer ici: http://bcove.me/o4vxkrai
Dans un dialogue avec les maîtres du XXe siècle, une nouvelle génération de créateurs nordiques perpétue, en l’actualisant, le mythe du design scandinave. "Ce que tu as hérité de tes ancêtres, acquiers-le pour le posséder" disait Goethe. Les Designer’s Days 2011 sont prétexte à paroles et échanges transculturels. De Copenhague à Paris, les modes de vies conversent: transmissions et mutations sont au programme. A l’écoute, Silvera invite dans son bel espace de l’avenue Wagram, la jeune société danoise Muuto à présenter ses objets et ses meubles, à travers un jeu scénographique où se devinent les filiations. S’inspirant du mot finlandais "muutos" qui signifie "nouvelles perspectives", Muuto se fait l’écho des créations vitaminées d’une trentaine de jeunes designers suédois, danois ou finlandais, ce qu’elle nomme, New Nordic. Décryptage d’un style de vie enjoué, plutôt qu’un manifeste intimidant, cette exposition met en relief de nouvelles façons d’habiter. Elle révèle un design du quotidien, beau, inventif, coloré et accessible, toujours attentif à l’environnement. "Pour nous, explique les fondateurs de Muuto, le bon design débute avec les personnes. Nous avons sélectionné les designers scandinaves contemporains les plus représentatifs en leur donnant la possibilité de s’exprimer librement à travers les objets de tous les jours. Certains veulent changer le monde, d’autres se passionnent pour la couleur et les formes, d’autres enfin dessinent en profondeur à partir de leur expérience personnelle". BF www.designersdays.com
Exposition Muutologie, New Nordic Design • Silvera Wagram
Du jeudi 16 au lundi 20 juin 2011 - Contact presse Silvera: s.baccar@silvera.fr
Horaires: Jeudi - Vendredi - Samedi - Lundi: 10h-19h / Dimanche: 11h-18h
Cocktail vendredi 17 juin à partir de 19h
41 avenue Wagram / 75017 Paris - Métro: Ternes ou Charles-de-Gaulle-Etoile
Anish Kapoor Monumenta 2011 Dimanche 28 mai
© Brigitte Fitoussi
Avec mes amies italiennes Silvia et Benedetta, de passage pour le week-end à Paris, nous nous sommes donnés rendez-vous au Grand palais un dimanche matin, dès la première heure, pour éviter les longues files d'attente. En moins d'un quart d'heure nous étions en effet propulsées à l'intérieur du gigantesque "ventre" écarlate d'Anish Kapoor. Imprégnée instantanément par une sensation de moiteur, presque dérangeante, la vue déformée par la couleur rouge sang, mes yeux sans repères se sont rivés sur les parois arrondies de cet objet monumental et à la fois intimiste. Je restais là, au centre, piétinant en rond et fascinée par l'étrange beauté des reflets de la verrière, sous la nef du Grand Palais, qui s'y projettaient. J'avais le sentiment inhabituel, d'où la force de l'oeuvre, de me retrouver dans un organe familier, univers uterin, gorge, ou oreille... mais aussi étranger par sa dimension, un peu comme Pinocchio, une fois englouti dans le ventre de la baleine. Amusée aussi de voir les réactions de stupéfaction de tous les visiteurs. La sensation de suffoquer m'a néanmoins rapidement donné l'envie de me retrouver à l'extérieur, pour respirer... Pour continuer aussi la visite sous la lumière du jour et à l'air libéré, en circulant tout autour de cette spectaculaire protubérance qui invite au toucher, impossible à visualiser d'un seul regard. Une oeuvre évocatrice et à la fois énigmatique, spirale de vides, de pleins, d'ombres, de lumières et de sensations colorées. Plutôt gonflé...
Leviathan - Monumenta 2011 Anish Kapoor - Jean de Loisy Commissaire - Nef du Grand Palais Paris - 11 mai - 23 juin
Le Salon du meuble de Milan 2011
La ville, le salon, les expos, les choses, les fêtes, les gens
© photos Brigitte Fitoussi
1- "50 Years Young, sigle I Saloni 2011 2- Chaise de J. Ishigami et pull de B. Tamborini, Living Divani 3- Design for charity "Sedie alla Ribalta" Triennale 4- Jardin de la Triennale 5- Exposition "Interware Transversal Design" Triennale 6- 7- Exposition "Dream Factories" Triennale 8- Stand Kartell, 9- Humberto et Fernando Campana, ©Baccarat 10- Fontaine Fragments de H.&F. Campana, Venini 11- Vanité, musée Bagatti Valsecchi 12- Exposition A. Mendini- Bisazza, Triennale 13- Christophe Pillet, soirée Hermès 14- Soirée Baccarat 15- "Jardin de Cristal" de Y. Kersalé, Baccarat, © Baccarat 16- Brigitte Fitoussi et Xavier Lust, © Baccarat 17-18- "Neoreral Wonder", Torafu architects, Canon 19- Soirée "Wallpaper", expo "Handmade", Brioni, 20- Claudio Colucci, soirée Edra, 21-22-23- "Luce Tempo Luogo" cortile via Savona, DGT architects, Toshiba led Lighting, 24- Interni Mutant Architecture & Design, installation G. Nicolas et D. Milano, 25- Gilda Bojardi et Paolo Moroni, soirée Sawaya & Moroni 26- Boutique Paul Smith, via Manzoni 28-38- Mercedes Benz, Milano Moda Design 2011, via Montenapoleone 29- Lampe "Piani", E.&R. Bouroullec, Flos 31-"Chasseurs d'étoiles" Mimmo Paladino, Piaggio Aerio, Galerie Vittorio Emanuele 32- Galerie Vittorio Emanuele 33- Installation des chevaux de Mimmo Paladino, Duomo 34- "Arcimboldo", Palazzo Reale 35- Tambours Rufo, Studio Pedrita, Materia, 36- Playmobil géant, au hasard d'une rue 37- Interni Mutant Architecture & Design, installation A. Warming 39-40 Installation d'Ora-Ïto, "Montenapoleone Design Experience by Citroën" 41-42-43 Chez Rossana Orlandi 44- 45 Giardino 46- 47-48- Quartier de San Lorenzo 49- Interni Mutant Architecture & Design, Video installation "Fake Factory"
Le Salon du meuble de Milan, qui a fêté cette année ses 50 ans, transformait du 11 au 17 avril dernier la capitale lombarde en "mégapole" du design. Le mot n'est pas trop faible, le fameux Salone est en effet devenu si important, qu'il est fou d' y espérer tout voir. D'ailleurs, on ne dit plus "Il Salone", mais depuis plusieurs années, le label s'est transformé en I Saloni: Salone Internazionale del Mobile, Salone Internazionale del Complemento d'Arredo et SaloneSatellite, auxquels se sont ajoutés pour cette 50e édition, les biennales Euroluce et SaloneUfficio. Au total, I Saloni se déploient sur 210000 m2 de surfaces nettes d'exposition, avec 2775 exposants (dont 63% de présence internationale). C'est à la foire elle-même, à Rho, où l'on se rend assez facilement (20mn en métro depuis le centre-ville) que l'on découvre les nouveautés des majores du design; les pavillons "gigantissimes" où ils ont pris quartier dévoilent leurs stands, plus grands les uns que les autres, avec des scénographies d'un luxe insensé. Impressionnant. C'est là surtout que le business se fait, plus que jamais. Là encore, à Euroluce par exemple, qu'on prend la mesure des nouvelles techniques et directions de design. La visite est éreintante mais le marathon du design ne s'arrête pas là… Le circuit off en ville qui s'étend d'années en années, rivalise d'expositions culturelles, de shows arty et de présentations commerciales (plus de 400 évènements). D'années en années, c'est aussi beaucoup de bruit pour rien. Sans être nostalgique, "Less is more" résonne dans ma tête, j'aimerais revenir à une dimension piétonne, plus humaine, plus tangible. Forget it. Il faut désormais bien choisir ses parcours par affinités et priorités, par le bouche à oreille, par réseaux surtout. Le hasard fait aussi bien les choses, laissant place à l'inattendu ou parfois à la perle rare. Je reste fascinée par cet art très milanais de la mise en scène et de l'univers intérieur magnifié. Je ne me lasse jamais de Milan, que j'apprends à connaitre à chaque fois un peu mieux, avec ses contrastes entre luxe et dépression, austérité et ostentation, culture ancestrale et effets de mode éphémères. L'occasion enfin, entre deux showrooms ou présentations, de mieux découvrir un quartier, une cour intérieure plantée et insoupçonnable dans un vieux palais ou d'arpenter pour la énième fois la galerie Vittorio Emanuele à deux pas du Duomo. Comprendre pourquoi le design a pris racine ici.
Cliquer ci-dessous pour lire la suite






